28 mars 2008
UNE COMMODE SCANDINAVE
C’était décidé ce serait un
temps dédié au Dieu Bricolage. Papy avait pris sa plus belle caisse, les outils
rutilaient inutiles depuis tant de temps, tant qu’ils ne sont pas en rut passe
encore,la perceuse était comme neuve, starlette n’ayant jamais percé dans ce
monde impitoyable, la scie se faisait scier depuis si longtemps que çà où cirer
ici ou là la délassait . Les clous s’en foutaient royalement tandis que les vis
et autres tournevis nervis énervés d’inaction s’en fichaient pas mâles.
Bref tout le monde s’en allait
confiant à la grande mer castine , casting de folie sans crainte du petit
escogriffe de bricoleur jamais à l’heure
.
Le meuble en pin scandinave s’en
payait une bonne tranche à la vue du bricoleur à l’air ahuri entouré de tous
ces morceaux de bois et autres vis et contre vis se battant vaillamment contre
une armée d’écrous et contre écrou dans leurs beaux habits écrus qui l’eut cru
pendant que des planches stoïques qui deviendraient mais plus tard, beaucoup
plus tard, elles ne le savaient pas encore, les tiroirs d’une commode qui ne s’en laisserait pas conter . Déjà les
pointes perfides compagnes se pointaient pour faire le dos de la belle toujours
aussi peu commode mais qui commençait à y ressembler sous les mains expertes
profitant du moindre relâchement de l’ennemi, que dis-je de tous ces ennemis
surgissant qui de ce manuel scandinave qui n’avait pas la moindre trace d’une
explication, juste une indication, en français, qui de ce vis solitaire et
nargueur, arguant non sans une certaine et vicieuse justesse qu’il devait bien
servir à quelque chose , ne serait-ce que pour rendre la belle scandinave plus
commode. De guerre lasse , après des heurts d’effort et avoir trouvé une place
au dit vis, le futur de cujus rendit les armes contemplant sa belle ouvrage
d’un œil morne et torve à la fois, sans doute la fatigue, tandis que le meuble ainsi
fait baillait de ses cinq tiroirs.
Le coup de grâce me fut donné
par la jardinière laquelle rentrant de son héroïque combat dans les éléments déchaînés de la belle tempête d’émeraude
m’asséna sans ménagement un ténébrien, si si, « c’est normal que les tiroirs soient ouverts,
c’est pour aérer ? »..
Commentaires
un régal de bons mots !
merci pour ce moment festif :-)
oui un régal !
Des mots qui ne restituent qu'à peine le combat que cela fut...
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=159212&pid=8514891
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :





