12 décembre 2008
CAFE CORTINA
Une simple
table en bois, une petite banquette, deux chaises modestes, une soupe de
potiron brûlante, un soupçon de curcuma, une bonne bouteille de Saumur
Champigny, des yeux qui pétillent, une bougie à la flamme vacillante, une tarte
maison, un plat de la Réunion , des rires, des sourires, des fous rires, des
délires, des souvenirs, des projets d’avenir, quatre amis , le temps qui passe,
des silences , des paroles, des futiles, des sérieuses, des philosophiques, des
yeux qui brillent, des vague à l’âme, des larmes , des armes déposées, des
habitués au comptoir, un Bistrot ses
fidèles, une patronne qui moque gentiment le petit homme,quelques livres sur
une table brinquebalante, une froide soirée d’automne, deux jeunes filles , un
couple, des passants qui passent, le temps qui passe trop vite, une soirée qui
me réchauffe, toujours le même plaisir simple, les retrouver, les mêmes amies,
mes amies.
23 juin 2008
TROIS AMIES
Un ciel sans nuages,
un soleil bien sage, une longue ligne droite, trois amies en file indienne, la
dernière journée d’une tranquille semaine de vacances, des soirées paisibles
entre fous rires et rosés légers, une pause bienvenue avant de replonger en apnée
dans le quotidien, oublier les « personnes en difficultés », des
journées entre balades et lectures, entre complicité et silences, trois
vieilles amies esquissant un pas d’an-dro puis le tracé d’un futur trek au
Népal ou ailleurs, fermer les valises, passer un coup d’aspirateur, enfourcher
les bécanes pour une petite dernière, respirer à plein poumons, goûter cet
instant comme si c’était le dernier, une longue ligne droite, pas un nuage, pas
un virage, pas un bruit, de vieux platanes bienveillants, juste un son venu
dans le dos, traître et inattendu,, juste un frôlement , juste un instant, pas
un cri , un corps qui s’envole, pas de nuage, un corps qui s’affaisse, soleil
sage, une tête qui cogne, ligne droite
qui se brise, deux amies blessées qui pleurent et pansent les plaies béantes.
08 juin 2007
MESSAGE PERSONNEL
Un jour de fête des mères, de toutes les mères. J’ai pensé à toi ce jour là et tu sais pourquoi.
Loïc
12 mai 2007
JUSTE TE DIRE
Juste te dire des choses que tu sais déjà, tout le plaisir que j’ai eu à travailler avec toi, à communiquer avec toi, à te transmettre le si peu que je sais
La rencontre
qui permet, parce qu’elle l’a autorisé, de découvrir cette autre, que je devinais
complexe et tellement riche.
Amitié ensuite,
tellement complexe là aussi entre des personnes a priori, pour qui n’y regarde
pas de trop près, si différentes. De cela, du regard de des autres, qui lui
aussi nous crée, on en a un peu parlé.
Amitié, ce mot que j’hésite à employer,
tellement il est galvaudé. Est-ce qu’on offre son amitié, est-ce qu’on déclare
son amitié comme d’autres leur flamme, ou est-ce que c’est quelque chose qui
naît et qui grandit petit à petit, quelque chose de fragile. Alors, çà fait
peut-être fleur bleue, tant pis j’assume, de dire je suis ton ami, un ami parmi
d’autres, mais différemment peut-être , et
que j’espère être au début d’une vraie amitié, respectueuse, toute de confiance
réciproque et pas aliénante, surtout pas aliénante.
11 février 2007
JE M'APPELLE A.
Je m’appelle A., j’aime le cinéma, celui des frères Coen et de DiCillo, j’aime les romans de Munoz Molina. J’imagine souvent des histoires aux gens que je rencontre. Je leur invente un passé mais rarement un avenir. J’aime aussi tout simplement me balader dans la forêt, écouter le silence, m’enivrer de l’odeur des fougères, du parfum de l’humus, j’aime..... Mais, je ne me suis pas introduite subrepticement sur ce Blog, profitant de l’assoupissement cacochyme du Papet, pour parler de moi.
Le week-end, je suis serveuse dans un petit restaurant de la ville. Quand je dis petit restaurant, je parle de la taille, ce Paris New York là est une destination qui commence à se faire sa petite réputation. La clientèle habituelle est jeune et aisée, souvent des couples amoureux dînent dans leur bulle, comme seuls au monde, seuls dans ce voyage en première classe. L’ambiance est feutrée, même les petits groupes que nous accueillons se coulent dans ce moule du silence, le confort cotonneux du Paris New York, deux heures de vol dans la ouate .
On n’imagine pas trouver un tel restaurant dans cette partie là de la ville, un quartier éloigné du cœur de la cité, mais en a-t-elle vraiment un, cette cité entrée dans le vingt et unième siècle par un curieux tube souterrain qui fit couler la salive des vieux de la vieille, ceux qui savaient, ceux qui prédisaient les pires catastrophes jouant ainsi les Scaphandre. Au fond, je dois l’avouer, je n’ai jamais bien compris cette expression là.
Il faut préciser que ce quartier est un curieux endroit pour un restaurant chic, tout près d’un lycée technique, là où il y a quarante ans s’étalaient encore les jardins d’ouvriers, là même où les travailleurs se délassaient le dimanche venu dans leur petite parcelle, poireautant amoureusement ou carottant large. En face, vestige d’un temps révolu, un hippodrome déchu, transformé le jour en un immense terrain de jeux et de promenades et le soir venu envahi par les coureurs en tout genre .
La nuit tombée, la route qui fut grande et Nationale, cette route qui fut l’accès royal à la forêt domaniale voisine, cette route comme tombée en désuétude par la faute de ces voies rapides et anonymes, cette route semble s’assoupir une fois les citadins dans leur cahute protectrice, webant aux corneilles ou prenant racine devant leur tévé gourou , cette route dégueuloir matinal de jeunes cadres pressés d’arriver stressés dans leurs bureaux aie teck , poussés là où il y a cinquante ans, mais cela on me l’a raconté bien sûr , je suis beaucoup trop jeune pour en témoigner, la forêt avait placé ses avants postes aux portes de la ville, cette bourgeoise endormie qui ignorait qu’elle serait un jour envahie par les herbes folles de la jeunesse, cette route disais-je plus haut entre en hibernation, ce que semble faire le Papy prostré dans son fauteuil de skaï de la Jamaïque .
Mais je m’égare sur les bas-côtés de cette belle soirée.
Ainsi, ce soir là, j’ai d’abord vu les cinq amies, cinq copines en goguette pour six places réservées. Je me demandai en les observant , heureuses de se retrouver, ce qui pouvait les unir, la benjamine à l’humour caustique, jeune trentenaire épanouie, prête à dégainer le bon mot et les quatre femmes plus âgées, les trois grâces telles les mousquetaires . Aglaïa la brillante, la femme au chapeau, qu’elle était belle on aurait dit Greta Cargo, enfin un nom comme çà. Euphrosyne, la joie de l’âme, toute simple mais ne vous y trompez pas, la simplicité comme vertu rare , Thalie la verdoyante au langage parfois si fleuri et aux yeux coquins et enfin la mystérieuse Hegemone toujours là quand on ne l’attend pas et surtout quand on ne l’espère plus .
J’étais impatiente de voir la sixième copine, curieuse de voir à quoi elle ressemblerait, cette pièce du puzzle manquant, ce chaînon qui donnerait sans doute sens à ce curieux attelage, oui je sais vous allez me dire pour une petite serveuse elle possède un langage châtié, mais je ne sers que le soir, dans la journée je poursuis brillamment mes études de compatibilité.
Arriva un drôle d’énergumène, il devait confondre avec le routier d’a côté, vous allez me dire, le bouiboui il est fermé depuis 10 ans, mais ce drôle a tellement l’air de sortir de nulle part qu’il ne m’étonnerait pas qu’il se goure de crèmerie, vous voyez tout de suite il me rend vulgaire, il est des individus qui vous entraînent ainsi dans la fange boueuse par leur seul anticharisme.
Mais avant que je n’aie pu intercepter le malandrin voilà que ce vieux cabot embrasse les grâces sans demander son reste bien qu’elles en aient de fort beaux du reste. Mais, à mon étonnement le plus grand possible, les grâces se laissent faire de bonne....., vous avez vraiment cru que j’allais la faire celle là eh bien non, mais c’est qu’elles ont l’air d’accord, bon à leur âge, m’enfin quand même.
Finalement ce n’est pas tant qu’il soit mal habillé le ruffian, c’est plutôt qu’on sent l’effort et le sent-bon de bon marché, on voit bien que maladroitement il a tenté de se raser de près, on imagine sans penne ce drôle d’oiseau tentant de s’habiller pour sortir, mais c’est patent, on ne voit décidément que son effort, ses pitoyables efforts.
Les grâces, la caustique et l’énergumène passent à table. Je tente, pour bien lancer la soirée, et puis surtout pour tester à qui j’ai affaire, certains par un silence glacé vous font comprendre que vous la petite boniche vous êtes là pour servir, passer les plats le poivre et le sel mais pas pour y mettre les pieds et encore moins pour en ajouter, je voulais dire dans l’ordre le plat et du sel, un bienveillant, qu’il convient donc de rattacher à je tente : « cinq belles femmes pour vous seul...».
Le vieux gouspin jeta un regard circulaire sur les tables à l’entour accompagné d’un délicat et sonore
: « Où çà ????? ».
Voilà qui augurait d’une charmante soirée et pourtant les belles ne semblèrent pas lui en tenir rigueur, toutes d’indulgence pour sa grossièreté feinte qui sait ?
Je compris au hasard de la danse des plats et des bribes de souvenirs remémorés que ces six là avaient constitué une sacrée équipe de travail, de ces équipes faites de personnalités forcément difficiles à gérer, une alchimie de personnes qu’il fallut sans doute à un moment briser. La soirée fut faite de fous rires, de verres s’entrechoquant de plaisir, de moments de silence partagés, de souvenirs ensoleillés, de nuages de tristesse parfois à l’évocation d’une amie injustement disparue . Longtemps après que les tables se furent vidées de leurs discrets occupants, ces six là discutaient encore semblant vouloir prolonger éternellement ce voyage de l’intense plaisir d’être ensemble, de se retrouver une fois encore.
Papy s’éveille, il est dix heures, Papy pose la main sur la souris, pourtant je n’avais pas fini, allez, je vous laisse.
A.
UN BON REPAS
Vendredi j’ai été manger avec mes copines, elles ont payé par chèques bancaires et moi j’ai payé le reste avec ma carte, parce que j’avais oublié mon chéquier. On a bu un peu, bien mangé, c’était fin, et puis on a bien ri ensemble, c'était moins fin, à l’évoquement de notre passé.
L.
01 février 2007
INSUBMERSIBLE
Je t’avais baptisée l’insubmersible.
A mes yeux, tu étais celle que rien ni personne ne saurait faire couler. Ta présence simple et forte à la fois, rassurante pour le jeune vieux professionnel que j’étais, m’a toujours maintenu la tête hors de l’eau. Tu es de celles qui m’ont aidé à grandir dans ce métier.
A d’autres pénétrées de leur importance, celles dont on voit à leur air qu’elles réfléchissent et que leurs sentences ont force de loi, tu opposais ton tranquille bon sens, ton intelligence tout simplement.
Quand je te dis, devant témoins évidemment, combien tu m’as apporté, comme tu as été un modèle pour moi, comme ton exemple m’a aidé à devenir l’écoutant que je suis, que j’essaye d’être, tu rougis et en te marrant m’assènes un définitif « quel con ».
Les témoins rient, pas moi.
D’autres savent bien que je ne moque pas.
Aujourd’hui, les larmes ont coulé sur ton visage, la digue a cédé devant la violence de l’institution, ce qui paraissait inimaginable s’est produit, ils ont réussi à te faire craquer.
Tu n’es plus l’insubmersible pour les autres, mais pour moi cela faisait longtemps .....





