27 juin 2007
AILLEURS (7)
Ma vie si terne, vide, mes mots qui ne savent pas quoi raconter, alors j’écris ailleurs, consigne 49 chez Coumarine ....
Photo de Coumarine
Je vous demande d'imaginer la leçon de morale totalement absurde qu'il est en train de proférer (avec son doigt pointé en avant et son air constipé...)...
Après les mots ( Truly )
Vous, oui vous tous qui depuis des heures me scrutez, me reluquez, me humez, et fermez les yeux pour mieux sentir le vent de l’inspiration, vous qui sans vergogne posez, jetez, susurrez vos mots sur mon immobile trogne, vous qui avissez, poétisez, délirez, je voulais dire ceci :
N’oubliez jamais, je fus il n’y a pas si longtemps l’un des vôtres, je me croyais le maître des mots, après les avoir aimés, cajolés, soignés, j’ai fini par m’en croire le chef de meute, je les ai malmenés, détournés, humiliés, les mots, mes mots je les entrechoquais, je les pressais pour en extraire un sens inconnu, je les percutais, je les jetais d’un coin à l’autre de l’écran.
Puis, un jour, un mot me manqua, je le sentais là au bout de mes doigts mais il s’était déjà fait la malle, un second grisé par la réussite de l’impétrant l’imita bientôt, ainsi chaque jour d’écriture je comptais mes défaillances, ce fut bientôt une hémorragie de mots et de sens qui me laissait exsangue sans pouvoir réagir et empli de rage, déjà immobile.
Après un temps, les mots me quittèrent en masse, mes doigts commencèrent à se tétaniser au dessus des lettres du clavier désormais ennemi honni, puis la torpeur envahit le reste de mon corps, sans les mots, mes chers mots je devenais homme de pierre . Vers la fin, en me quittant les mots laissèrent cette drôle de poussière d’argent qui désormais me tient lieu de parure et ainsi j’erre pauvre hère plein de maux, fossile avant l’heure, je fais fuir les petits enfants et rire leurs parents qui prennent mes mouvements ralentis pour ceux d’un automate, alors que je ne suis que le Maître déchu qui cherche ses mots.
Alors, n’oubliez jamais, aimez les mots, ce sont eux vos maîtres, c’est vous qui les servez et si vous les trahissez, leur vengeance sera terrible et vous recouvrira de la poussière insensée , vous ne serez plus qu'un automate de plus.
19 juin 2007
PAPY AILLEURS ( 6 )
Fidèle à l'atelier d'écriture en ligne de Coumarine " Paroles Plurielles" .....
Consigne 48
photo de Nicola Ranaldi
Une phrase obligatoire se retrouvera soit comme incipit, soit comme dernière phrase, à vous de choisir:
"Excuse-moi, c'est une erreur..."
Androgynie ( Truly)
"Excuse-moi, c'est une erreur... » . Ce furent tes
premiers mots en ce jour propice où une main noire vint presser le
bouton de la sonnette de ma porte d’entrée.
Tu l’ignorais bien sûr, mais moi déjà, en un éclair , terrassée par l’évidence, je sus qu’un jour tu forcerai d’autres portes, qu’un jour tu presserai d’autres boutons, mais je n’étais pas pressée, j’avais tout mon temps.
Tu l’ignorais bien sûr, mais moi, même toute au bonheur de cette rencontre inespérée, je savais, évidemment je savais, qu’un jour viendrait où mon corps enfin dénudé te dirait : « Excuse moi, c’est une erreur ».
03 juin 2007
PAPY AILLEURS
Papy continue
avec un plaisir déclaré, donc non dissimulé, de sévir sur le Blog-Atelier d’écriture
Paroles Plurielles.
Consigne 47
Et pour vous compliquer la tâche (oui, vous savez
que j'adooooooooore ça!), voici une phrase d'incipit"J'abandonne" (dur dur) paru en
collection folio
" Le samedi, c'est plus tranquille. Il y a moins de monde. (p56)
COUMARINE
Emancipation ( Truly)
Peut-être
un jour par hasard verras-tu cette photo, la petite Ruby, ce diamant que tu ne
poliras jamais et Tony, ce petit caïd qui rêve déjà de marcher sur les
traces de son père. Mais cela, je ne le permettrai pas. Je ne baisserai
plus la tête, je te regarde fièrement droit dans les yeux, ces yeux noirs que
je ne croiserai plus. Je t’en veux trop de m’avoir laissé seule le ventre empli
de celui que tu appelais ta fierté, ce fils que j’avais pour mission de te
donner. Je t’en veux trop pour cette richesse que tu as tenté de m’offrir. Je
n’en voulais pas de cet or là, ce sont des mots, ce sont des regards, ce
sont des gestes que j’espérais. Ce sont ces trésors là que j’attendais et
pas ces lingots, ces magots que tu savais où trouver. Tu vois sur quels
chemins cet amour là t’a mené, chemins de bandits de plus en plus grands, de
plus en plus sanguinaires, de plus en plus aveuglés par l’odeur du sang
et de l’argent.
Tu finiras tes jours,
solitaire, dans ta cellule. Le samedi, c’est plus tranquille. Il y a moins de
monde. Mais pour moi, il n’y avait plus de samedi, tu m’as assigné à la
caravane sous la surveillance de ta famille. Mais moi, tu vois, j’ai
refusé la sentence, j’ai refusé la peine que tu m’infligeais. Oh bien sûr pour
la tradition, j’ai feint d’accepter ma condition de femme à la caravane qui
repasse, qui lave, qui cuisine, qui se tait. Mais le soir, quand mes diamants
étaient couchés, lettre après lettre, mot après mot, je m’évadais, page après
page, je creusais le tunnel vers ma liberté, livre après livre, je brisais mes
chaînes.
Et cet amour là, je le
transmettrai à ceux qui auraient dû être nos enfants.
Je le lèguerai à mes
enfants pour qu’ils choisissent leurs chemins en toute liberté.
17 mai 2007
AILLEURS ( 4 )
Papy sévit ailleurs et il aime çà .....voici la photo et la consigne d'écriture N° 46 de Paroles Plurielles :
photo de Coumarine
Pas d'incipit cette fois, mais une phrase à placer dans votre texte, à l'endroit choisi par vous:
"Seule l'écriture nous (me) sauvera de la gueule de bois"
Déchet de roi (Truly)
On ne le croirait pas et pourtant tant de belles dames se sont pendues à ces bras-là, suspendues à ces lèvres-là, tant de messieurs importants ont baisé ces pieds-là, serré chaleureusement ces mains-là.
Et cette tête-là, sûre de ses effets, ne voulait pas voir la flagornerie des uns et la concupiscence des autres, elle préférait, c’est tellement plus jouissif, y voir les fruits déjà noirs de son charisme.
Ce corps-là pense avec délectation à tous ces maris honnêtes et leurs poupées de porcelaine qu’il faisait tourner bourrique ou valser comme pantins du grand Martin.
Aujourd’hui, le bouffon est empaillé, son humour au vitriol a fini par se retourner contre lui et lui lacérer le visage. Les affidés d’hier ne se détournent pas, gênés, horrifiés, apitoyés, non ils ne le voient tout simplement pas. L’humour l’a fait Roi, mais le caustique est à manipuler avec précaution et quand il vous pète à la gueule, le bouffon devient homme de chiffon, seul reste encore l’acide qui lui monte aux joues et irrigue les mains fourmillantes d’idées sombres et là c’est sûr il aura sa revanche, seule l’écriture me sauvera de la gueule de bois se médit le Monarque blessé.
Alors ses mots qu’il ne peut plus dégainer, ses reparties revenues en boomerang dévastant le visage d’ange, ces mots il les couchera dans un lit d’acides animés par le fiel et ils brûleront les yeux avides de savoir des traîtres zélateurs.
08 mai 2007
PAPY AILLEURS (3)
Je continue l'aventure de Paroles Plurielles , pour moi qui n'ai aucune imagination, c'est vraiment très pratique, une photo, des consignes d'écriture , et ce cadre permet de libérer les mots de l'imaginaire ......
La photo est de Jean-Sébastien MONZANI
L'incipit (qui n'a cette fois RIEN à voir avec cette photo...héhé)
"Ma voiture n'a pas démarré ce matin..."
Cauchemar ( Truly)
Ma voiture n'a pas démarré ce matin .Ouvert le capot. Mis les mains dans le cambouis. Taché mes vêtements. Remonté à mon appartement. Changé parfait ce costume de flanelle. Descendu en trombe l'escalier. Engouffré dans la gueule du Métro. Raté la rame. Couru jusqu'à mon bureau. Commencée la réunion. Courroucé le regard du Boss. Bossé pour rattraper retard. Avalé un déjeuné. Café.
Pause. Méritée.
Etudié mes dossiers. Refermé les dossiers. Foncé tête baissée au cours de chant. Constaté pantalon trop court. Grandi d'un coup. Compris rires collègues. Eberlué. Pris ma place troisième rang. Oublié mon livret. Déchanter. Dépassés les clones d'une tête, la mienne. Répéré ? Non pas encore. Finie la répétition. Foncé chez moi . Exténué. Dormi.
Demain. Réveil.
Ma voiture n'a pas démarré demain.
Ouvert le capot..cambouis..costume..courroucé..court.. clones..exténué..dormi..
Ma voiture n'a pas démarré.
Dormi.
Ma voiture.
19 avril 2007
PAPY SE VIT TAILLEUR (2)
La consigne 44 de Paroles Plurielles
Me promenant dans le très beau blog de Bellesahi, j'ai vu là quelques belles photos, des photos qui m'ont parlé...accord fut pris avec Sahi la Belle...qui ne sait pas encore quelles photos j'ai sélectionnées pour vous concocter une bonne petite consigne...
Les voici:
L'incipit: "Et maintenant, ça suffit...! "
De plus vous insérerez de manière habile et non artificielle (tout ça!) les trois mots suivants (dans l'ordre que vous voudrez): cathédrale - citron - corbeille
(textes courts! pas plus de 2000 signes espaces compris)
Coumarine
Le forfait de Papy....
Traduction (Truly)
TITRE
Le coup de gueule d'un piano dépressif fatigué de jouer devant les bancs vides près de l'église d'Orange à l'ombre des corbillards en fleurs .
TEXTE
Et maintenant , çà suffit...!
( Note des traducteurs :
Nous
présentons nos excuses à l'auteur pour n'avoir sans doute pas restitué
la richesse du texte original écrit spontanément dans sa langue
maternelle . Mais comment rendre toutes les nuances d'un langage d'une
telle complexité . Nous avons opté pour une traduction au plus près de
l'esprit, certes étriqué de l'auteur de ce forfait, pour une meilleure
compréhension par nos vénérés lecteurs .
Nous rappelons qu'une traduction littérale, pour les ignares qui ne connaissent même pas ce bel idiome, aurait donné ceci :
TITRE
:
L'effet d'un vent zéphyrique sur les touches d'un piano noir refusant
obstinément qu'on touche ses touches blanches même si cela devait
arriver sur le parvis de la Cathédrale de Citron décoré pour la
circonstance de corbeilles de fleurs noires et blanches multicolores et
nonobstant bigarrées .
TEXTE:
Et ben , moi je me casse
parce que je commence à me geler les touches à attendre les clients
dans un décor aussi lugubre et puis il est cinq heures du mat Citron
s'éveille .
Pour les autres qui maitrisent cette belle et
douce langue, qui nous a demandé des nuits de travail de traduction ET
FRANCHEMENT Y EN A MARRE Y PEUT PAS ECRIRE EN FRANCAIS , pardon sans
doute la fatigue, pour les autres disions-nous le texte original est
visible sur la photo)
17 avril 2007
Papy sévit ailleurs...
A l'invitation d'une bonne fée nommée Coumarine, j'ai fait mes premiers pas , petits pas sur la pointe des pieds , plutôt posé mes premiers mots, petits mots à la pointe de la plume, sur Paroles Plurielles, son Blog d'atelier d'écriture en ligne .
Ainsi pour la première fois, le vieil ours est allé frotter ses mots à ceux des autres, avec beaucoup d'appréhension forcément .
Et je dois dire que j'ai été accueilli par des commentaires bienveillants et encourageants pour le grand douteur que je suis . Alors, je remercie Coumarine de son invitation, de m'avoir sorti de ma tanière .
Tous les 15 jours, Paroles Plurielles ( le lien est en haut à gauche) propose une consigne d'écriture, voici celle du 28 mars , puis ma contribution.....
"Je vous propose une photo de Gilbert Garcin (allez visiter son site, il
y a plus de 300 photos très insolites, source possible d'écriture
surréaliste
L'incipit sera: J'ai presque une heure d'avance..."
Sablier (Truly)
J’ai presque une heure d’avance.
Je suis âgé de 64 ans.
Sachant
que je suis né avec un jour, huit heures et vingt quatre minutes
d’avance sur le terme prévu, combien de temps me reste-t-il encore à
vivre ?
Les gagnants recevront une paire de pompes funèbres.












