01 février 2008
PETIT FRERE
Tu étais assis
en face de moi ou l’inverse, j’avais beau regarder la danse de ta main gauche,
scruter tes mimiques, décidément non, je n’y arrivais pas, toutes mes questions
tombaient à coté de la plaque. Tu as fini par prendre ce regard qui en dit
long, ce regard qui disait "vraiment le grand frère y a rien à en tirer, y comprend rien".
Je
savais ce qui allait suivre, un long soupir résigné, un « ben voilà »
pour clore et on ne parlerait pas d’autre chose.
Puis, tu as désigné
cette photo parmi plein d’autres sur le mur, immédiatement les larmes montèrent
à l’assaut, ton index allait à la rencontre des ces quatre jeunes filles,
quatre sœurs souriant à l’objectif, quatre visages de vie, quatre témoignages
d’un bonheur.
Je sais
qu’elles sont comme ta propre famille, qu’elles sont comme tes propres enfants.
Ton index
désigne le premier visage et dessine une croix, un mot, le seul que tu as pu
retrouver, sort de toi : « Crac ».
Alors ton doigt,
alors tes pleurs, alors ton visage déformé par l’indicible douleur qui disent l’inéluctable,
l'inacceptable issue.
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