Rien à raconter

Blog de l'inutile, futile, mots dérisoires,mots d'est, mots lestes, mots dits,mots tus. Mes mots.

26 janvier 2009

BOUCLE

Jamais il n’en avait parlé.

Allongé sur la table d’examen,il a dit, près de quarante ans après, la panique, la dévastation, puis la honte, toutes enfouies profondément . A fleur de peau, fidèles elles n’ont pas seulement accompagné sa vie, elles en ont été un ressort caché qui enfin s’est cassé . Sur cette table, nu, dépouillé de son armure, sans la carapace épaisse, sans les masques,sans les jeux de mots, sans les silences, sans artifice, contre-feux éteints, vieil ours sans défenses ce qui est bien normal quand on y pense, pour une fois il n’a  pas triché .

Comme si après les anciens et mauvais rires carabinés c’est entre les mains respectueuses d’un autre médecin que la boucle enfin se fermait, sans doute fallait-il que ce fût une femme qui après , longtemps après, les infâmes entende ces paroles .

Jamais je n'en reparlerai.


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06 janvier 2009

Le petit garçon de 23 h 55

Le petit garçon disparaissait régulièrement quelques minutes avant l’heure fatidique, était-ce cette impossibilité à laisser tous ces  gens à rentrer dans sa sphère intime, était-ce la difficulté à franchir les étapes que les autres décidaient comme importantes, était-ce tout simplement parce que décidément tous les ans il lui fallait embrasser les amis de ses parents et cet ami là plus particulièrement qu’il n’aimait pas et dont le contact lui faisait horreur.

La simple idée de sentir l’eau de toilette bon marché mêlée aux effluves d’alcool et de charcuterie pourtant fine, le faisait fuir au fond du couloir bien protégé par le noir, il espérait alors que dans l’excitation du moment son absence passerait inaperçue.

 

Mais chaque année, le scénario  était le même il lui fallait bien céder à l’ordre impérieux du père et revenir penaud se faire prendre dans des bras de toutes les tailles, de tous les poils, frotter des joues, des creuses , des rebondies, des rougeaudes, des blêmes, embrasser les filles de voisins sous les sourires concupiscents et les rires gras malgré la pâtisserie fine et le champagne léger.

 

Jamais il n’a pu dire cet effroi là, jamais il n’a pu lever le voile sur le dégoût purement physique que lui inspirait cet ami là, trop rougeaud, trop brave type,  il savait la peine qu’il aurait fait à ses chers parents s’il avait esquivé l’obstacle  et si aujourd’hui encore bien des années après la disparition de ce brave et exemplaire père de famille, il devait l’évoquer, il sait que jamais ses vieux parents ne comprendraient de quoi il parle.

 

 Il n’a jamais aimé cette période où il est de bon goût de montrer comme on est heureux, il a toujours eu enfoui au fond de lui cette tentation de disparaître ne serait-ce que cinq minutes, laisser les autres tous les autres basculer dans l’allégresse et  l’année nouvelle. Il n’a jamais aimé tout ce qui est rituel, plus tard il s’est toujours arrangé pour éviter les embrassades, les effusions obligatoires, les bonheurs sur commande parce que c’est la loi, parce que c’est la tradition, parce que c’est comme çà et que ça ne se discute pas, mais qu’il faut s’exécuter sourires en bandoulière et couteaux effilés soigneusement dissimulés dans les habits de fête.

 

Plus tard, il ne disparaîtrait plus sous son lit ou dans un placard, plus tard pourtant il s’absenterait toujours de ces moment si redoutés, bien sûr la disparition serait plus discrète, à peine perceptible par qui ne sait pas regarder, mais il prendra l’habitude d'observer  comme flottant dans les airs son corps se contracter sous les frôlements, ses joues se rétracter sous les assauts de joues blêmes, rebondies, vous connaissez la suite..

 

Il restera longtemps, si longtemps cet enfant de vingt trois heures cinquante cinq.

 

Et pourtant petit à petit la blessure lui fera moins mal, petit à petit la carapace fondra sous les assauts de véritables amitiés, et tout doucement il apprendra à accepter ici une main sur son épaule, ici des bras qui l’enserrent, une joue qui le frôle, son corps cessera de se raidir à la moindre tentative d’envahissement,  il acceptera de se laisser approcher en baissant enfin sa garde, mais Dieu que cela a pris des années et que l’odeur de l’eau de Cologne met du temps à se dissiper.

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16 décembre 2008

BULLETIN DE SANTE

L’homme, plutôt ce qu’il en restait, se laissa tomber au pied de son lit qu’il sentait déjà refroidir comme se préparant au pire, le lit. Hagard dans le noir, se redressa puis buta dans une chaise, termina son parcours rampant plus que marchant, lui revenaient en tête les images de Freaks, vieux film qu’il aimait. Les monstres ne sont jamais ceux que l’on croit et derrière le sourire éclatant et le visage angélique se tapissent souvent, bien à l’abri, les desseins les plus noirs. Enfin, il arriva à se hisser sur son siège de douleur en couleur, le siège,et encore une fois eut l’impression que des torrents de boues liquides et nauséabondes lui sortaient des entrailles, comme des rivières de vie mourante  qui le quittaient, comme les rats quittent le navire prêt à couler, comme un stade de foot qui se vide des supporters dépités de la défaite de ses favoris, comme, bon ça suffit, il se dit qu’à la réflexion ce n’étaient pas des impressions ou alors fort malodorantes.

 

 Il contemplait ou plutôt le large miroir lui renvoyait son image à la fois hâve et blanchâtre comme si ce qui lui restait d’humain s’échappait par les pores de sa peau. Lui revenaient en mémoire les images d’un Nosferatu de Murnau, vieux film qu’il aimait mais là il ne trouvait rien à dire de plus, on ne joue pas à l’auteur impunément.

Combien de fois, triste narcisse s’était-il ainsi examiné se persuadant que décidément non s’il n’était pas beau, il n’était même pas laid, juste une figure sans intérêt, un regard sans lumière, puis un épiderme s’affaissant, des valises prêtes au grand voyage, un terne homme au sternum avachi, combien de fois s’était-il persuadé que vraiment il ne méritait pas de vivre avant de renoncer emporté par sa courageuse et coutumière lâcheté.

Puis traversé par un long spasme douloureux s’affaissa sur le carrelage acheté il y a si longtemps chez Point P, ce carrelage rose que leur cruel manque de goût avait fait assortir à leurs rouleaux de papier toilettes premier prix, muets témoins de tant de déchéance, dont il songea soudain que le complaisant auteur le mettrait au singulier alors que le pluriel de ses désastres conviendrait tant, ce carrelage disais-je dont le froid rassurant lui donnait le sentiment d’un peu de paix, mais on le sait la paix c’est leste et c’est ainsi qu’il se hissa, comme ragaillardi de s’être tant vidé ,dans son lit pour le coup devenu complètement froid, sentinelle étrangère à son désarroi.

Dix fois, cent fois, il répéta l’opération nocturne, se cognant ici, se heurtant là, ne sachant donner de la cuvette tant il fallait écoper, non ce n’est pas un billet politique, emporté par les flots et les flux noirs, il imaginait déjà sa gerbe et les commentaires compatissants et concupiscents, c’est vraiment trop con de mourir comme ça,

 

Le matin, coquin blafard, le réveilla tout de même et il sut qu’il lui faudrait attendre et continuer.

 

Enfin bref, j’ai fait une belle gastro.

 

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17 novembre 2008

COMBLE

C’est bien ma veine, moi qui ai des varices du diable et l’ouïe qui baisse à vue de nez voire d'œil, voilà qu’une douleur sourde me réveille en pleine nuit.

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24 octobre 2008

PAS BEAU PARANO

Le petit homme sur le conseil incitatif de sa petite femme s’en alla s’acheter de nouveaux habits. Un pantalon, deux chemises, moult essayages, un sourire de vendeuse «  et je vous mets des chaussettes », une repartie pleine de finesse «  non ma femme m’a pas dit », le petit  replet  sort du magasin avec ses emplettes.

Parcourt bravement les allées du centre commercial, surprend ça et là quelque sourire en coin, mais il est guéri, il sait bien maintenant que personne ne le regarde. Et pourtant, comme un murmure quand il surgit enfin en plein soleil d’automne, murmure ricanant, il l’aurait juré, et ces jeunes là-bas qui s’esclaffent ouvertement sans retenue aucune, et  ce petit vieux là qui lève une paupière découvrant un œil torve et rigolard quand un rire sénile tente de s’extraire d’une bouche ouverte à toute dent.

Il aurait juré apercevoir une lueur amusée dans les yeux suppliants de la mendiante roumaine prostrée des heures durant sur le parvis de la cathédrale de la consommation avant de s’enfoncer dans la bouche d’un métro à une rame et de se fondre dans la masse des urbains pressés stressés éteints, visages maussades, bouches cousues, sourires au fond du sac bien calé contre soi, pas de doute d’un coup la rame se marre et il sent les narquois sourires dans son dos et il devine les commissures il en est sûr qui se plissent sur les visages lisses. Il s’engouffre honteux sous les rires qui fusent, qui roulent comme les vagues d’une mer déchaînée d’avoir tant attendu la grande marrée, il s’engouffre, disais-je, escorté d’une haie de rires de plus en plus sonores, de visages de plus en plus rubiconds, il s’engouffre enfin dans le bus cerné par les gras, les cristallins, les gloussants, les étouffés, les énormes , croulant sous l’hilarité de la charge, il s’éjecte et court se réfugier dans sa petite maison tandis que la cohorte hilare laisse comme une traînée rieuse qui se noie dans le lointain.

Rassuré, il constate que la demeure ne s’écroule pas de rire, il ferme un instant  les yeux pour dissiper ce cauchemarre et quand le calme revenu les ouvre, son regard tombe sur le grand sac fourni par la souriante vendeuse qui affirme fièrement, le sac pas la vendeuse,  un  énorme « C’est beau un homme ».

.

 

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13 octobre 2008

SOLITERRE

Il allait chercher son pain. La rue était déserte, le silence ne le surprit pas, longtemps déjà que les cris des enfants avaient déserté le quartier, les jardins s’étaient fermés, les palissades élevées, les portes automatiques multipliées, on voyait parfois une ombre solitaire bien protégée dans son automobulle. Les gens avaient vieilli, bien des maris se terraient à jamais, les esprits radins ne rôdaient même pas, les cerveaux lessivés avaient rétréci s’ils avaient jamais été larges.

 

Il continua son chemin, au bout de la rue là où se réunissait chaque soir une horde de jeunes forcément dangereux, ils parlaient fort, ils buvaient secs, ils tagguaient parfois des mots tanguants avant de prendre la tangente, mais les bonnes gens étaient bien à l’abri de la barbarie naissante, portes lourdes, palissades dressées, chiens gardants. Pourtant ce soir là, l’ancien espace jeux des enfants disparus était abandonné, un chat qui ne connaissait sans doute pas l’expression populaire le suivait d’un regard au style indéfinissable sans être hostile qui en disait long sur sa surprise.

 

Insolite vous manque et pourtant, courageusement, il continua, des immeubles voisins ne provenait aucun son, ici et là un rideau voletait comme avec des velléités de départ, dans le lointain des personnages de sitcom jouaient leur grande scène du soir indifférents à l’absence de public, un vieux disque égrenait un voyage solitaire au langage oublié, il croisa un chien de ses connaissances, traînant non sa voix mais une laisse désormais inutile, puis le regardant avec les yeux incrédules de l’incongruité de cette présence humaine .

 

L’arrivée sur la place du centre commercial achèverait de le rassurer, il retrouverait comme il le laissa hier en tenant précautionneusement  et amoureusement sa petite tranche de jambon supérieur,le sourire éclatant du boucher réjouit et sa chère bouchère, le pharmacien à blouse blanche lui délivrerait gratuitement une courbette  sans ordonnance tout en se frottant les mains  d’aise à la lecture roborative d’une longue prescription, la file des petits vieux entrant chez le médecin lui chanterait en choeur  un enjoué « je t’attends » . Les jeunes mamans laisseraient leurs poussettes à la porte de la boulangerie tout à côté d’urnes déposées par des veuves déplorées. De turbulents bambins sillonneraient la place de leurs rires déployés et de leurs cris perçus comme perçants ou l’inverse, il ne savait plus, saisi par une angoisse diffuse diffusée par tant de confusion dans son esprit désormais confus, il faillit ajoutant nonobstant, ce qui eut été superfétatoire.

 

Mais la place était vide, subsistaient ça et là des traînées de rires bambinesques, le sourire du boucher flottait doucement sur la porte l’air un peu idiot sans les joues facondes du chef rubicond , la monnaie se rendait seule au comptoir de la jolie boulangère pour finalement rouler à terre désorientée par l’absence de la clientèle infidèle , une roue d’un vélo renversé continuait imbécile son mouvement autour d’un axe rassurant, les mains esseulées du pharmacien continuaient leur  manège qui ne cesserait plus faute de componction .

 

Un humain se tordait les mains de désespoir

 

Une chatte cherchait en vain une chute à cette histoire.


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07 octobre 2008

FEU ROUGE

Il tourna la tête qu’il avait patibulaire vers moi, je fis celui qui n’avait rien remarqué et regardai bien droit devant moi attendant le signal qui me permettrait de lâcher les chevaux de mon bolide prêt à fendre l’air comme le ferait un rapace affamé par la vision d’une tentante proie, mais je m’égare, le danger écarté, le chef dudit patibulaire ayant repris sa position normale, j’entends par là qu’il regardait à nouveau bien droit devant lui, je pus enfin reprendre avec la plus grande discrétion mon examen du susdit patibulaire à la mandibule de dogue. Son petit tricot rayé très seyant et moulant mettait en évidence sa puissante musculature, le bras droit qui devait être en fait le gauche puisque j’étais moi-même à sa gauche et lui sur la file de droite qui permet à la fois de tourner à droite mais aussi d’aller tout droit dans le décor que j’essaye de planter pour aider le lecteur qui se serait égaré dans ma navrante narration, maintenant que j’ai mis les points sur les « i » ou plutôt devrais-je dire que j’y suis si vous me suivez , c’est bien le biceps gauche qui s’ornait de multiples tatouages qui par leur seul aspect disaient au spectateur averti ne t’approche pas trop près mon pote , reste à distance respectable de mon aspect.

Le patibulaire à l’air redoutable et aux biceps respectables avait tout ce qu’il fallait pour faire parcourir de frissons glacés les échines les moins enclines à se courber et pourtant, si peu téméraire que je fus et malgré qu’il me regardât à nouveau avec ses yeux de grand fauve tout prêt à dégainer, je ne pus réprimer le sourire qui vînt illuminer mon sémillant visage de quasi sexagénaire, juste un détail qui ne collait pas dans le tableau  , juste une question lancinante qui me lancinait quand elle ne me taraudait pas , mais comment diable ce grand escogriffe avait-il bien pu se rentrer dans sa voiturette ?

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08 juillet 2008

Bulletin de santé

Le lâchage, la fuite des neurones, les artères qui feraient mieux de se taire, la verrue qui vivra et verra, le cor qui s’en défend, le menton qui double et redouble, les cheveux qui hissent le drapeau blanc,  l’œil qui voit bas et l’oreille qui entend haut, les cervicales calent et la prostate hésite, le lâche âge.


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28 mars 2008

UNE COMMODE SCANDINAVE

C’était décidé ce serait un temps dédié au Dieu Bricolage. Papy avait pris sa plus belle caisse, les outils rutilaient inutiles depuis tant de temps, tant qu’ils ne sont pas en rut passe encore,la perceuse était comme neuve, starlette n’ayant jamais percé dans ce monde impitoyable, la scie se faisait scier depuis si longtemps que çà où cirer ici ou là la délassait . Les clous s’en foutaient royalement tandis que les vis et autres tournevis nervis énervés d’inaction s’en fichaient pas mâles.

Bref tout le monde s’en allait confiant à la grande mer castine , casting de folie sans crainte du petit escogriffe de bricoleur jamais à l’heure .

Le meuble en pin scandinave s’en payait une bonne tranche à la vue du bricoleur à l’air ahuri entouré de tous ces morceaux de bois et autres vis et contre vis se battant vaillamment contre une armée d’écrous et contre écrou dans leurs beaux habits écrus qui l’eut cru pendant que des planches stoïques qui deviendraient mais plus tard, beaucoup plus tard, elles ne le savaient pas encore, les tiroirs d’une commode qui ne s’en laisserait pas conter . Déjà les pointes perfides compagnes se pointaient pour faire le dos de la belle toujours aussi peu commode mais qui commençait à y ressembler sous les mains expertes profitant du moindre relâchement de l’ennemi, que dis-je de tous ces ennemis surgissant qui de ce manuel scandinave qui n’avait pas la moindre trace d’une explication, juste une indication, en français, qui de ce vis solitaire et nargueur, arguant non sans une certaine et vicieuse justesse qu’il devait bien servir à quelque chose , ne serait-ce que pour rendre la belle scandinave plus commode. De guerre lasse , après des heurts d’effort et avoir trouvé une place au dit vis, le futur de cujus rendit les armes contemplant sa belle ouvrage d’un œil morne et torve à la fois, sans doute la fatigue, tandis que le meuble ainsi fait baillait de ses cinq tiroirs.

Le coup de grâce me fut donné par la jardinière laquelle rentrant de son héroïque combat dans  les éléments déchaînés de la belle tempête d’émeraude m’asséna sans ménagement un ténébrien, si si,  « c’est normal que les tiroirs soient ouverts, c’est pour aérer ? ».. 

 

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03 septembre 2007

L'AUTRE

Il est revenu cet autre que je déteste, cet autre pusillanime et blessant tellement il est mal dans sans peau. Il est arrivé par surprise un jour où le ciel était un peu plus bleu que d’habitude. Il a eu des mots terribles, de ces mots qui peuvent tuer quand on les prend en plein coeur, il me fait honte cet autre là, pourtant tellement moi, cet autre qui se tapait la tête contre les murs, cet autre qui enjambait le rebord des fenêtres, cet autre tellement lâche, tellement faible. Il a resurgi sans s’annoncer, il est remonté par une ancienne blessure, tapi depuis des années derrière cette cicatrice que chacun croyait refermée à jamais, mais moi je savais.

Je savais qu’il guettait l’instant propice pour faire son sale boulot, pour cracher son fiel, je savais que les vieilles antiennes resurgiraient des ténèbres, je savais bien quel genre d’évènements lui plairait, j’aurais aimé me tromper cette fois. Son assaut fut bref mais il nous fit chanceler par son extrême violence, il nous saoula de méchants coups emplis de haine, il fut tout près de me faire replonger dans ces eaux noirâtres d’où je mis tant de nuits à m’extirper, mais sa violence cache mal sa faiblesse désormais, il sait sa défaite, cela ne le rend pas moins dangereux comme un boxeur sonné par les rounds de la vie, je sais qu’il tentera encore, un jour, le coup fatal, mais il ne me fait plus peur, c’est ce qu’il m’a appris par cette attaque désespérée.

Posté par Truly à 23:26 - Petit homme - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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