07 avril 2008
UN VENDREDI HABITUEL
17 heures, un vendredi habituel à Rennes, les bureaux
recrachaient les modestes employés, les cadres seraient évacuées un peu plus
tard, l’avenue Janvier était prise d’assaut
par des véhicules légers, un acrobate cycliste préparait son numéro de cirque,
les deux roues motorisés filaient un coup à droite, un coup à gauche, un bus dégingandé changeait de file
sans crier gare, il faut dire à sa décharge qu’elle était derrière lui, des
piétons piétonnaient, chacun semblait savoir ce qu’il avait à faire.
Tout était normal, tout était en
ordre dans ma bonne ville de Rennes.
Des automobilistes pleins d’empathie
se faisaient des petits gestes amicaux soulignés de conviviaux coups d’avertisseur.
Un véhicule rouge plus pressé que d’autres faisait hurler sa sirène hurlante,
tout était normal dans ma bonne ville rennaise.
17 heurs 02. Arrivée au pont
Pasteur, quelques badauds penchés au dessus de la Vilaine. Un véhicule qui s‘engage
sans état d’âme sur le trottoir, s'arrête dans un crissement de film, on allume ses feux de détresse, on s’éjecte à
l’avant, on s’éjecte à l’arrière, portable à l’oreille, les portières claquent,
les passants s’offusquent, et çà s’indigne et çà fulmine contre ces irrespectueux qui ne respectent
rien .
Çà n’est pas normal dans ma
bonne ville de Rennes un tel manque de savoir se garer.
Ce samedi, quelques lignes dans
le journal de ma ville. Le corps de l’étudiant disparu depuis cinq jours
retrouvé dans la Vilaine près du pont Pasteur vendredi vers 16 h 45.
28 mars 2007
LIGNE DE BUS
Je vais vous
parler de cette Ligne 7
Que j’ai
souvent prise pour aller en ville
Elle est
désormais aux oubliettes
J’voulais lui
offrir mes mots futiles
Flâne
d’abord dans la zone pavillonnaire
Des petits
profs aux professions intermédiaires
Prend au
passage
Leur
progéniture bien sage
Dessert
ensuite la Cité Universitaire
Y montent
des étudiants de toutes les couleurs
Et sortant de
leur Maison la der des ders
De vieilles personnes
percluses de douleurs
Ridées comme
des parchemins.
Continue son chemin
Vers les cinq
tours de Maurepas
Des
bénéficiaires de Rmi à minima
Des petites gens
de condition modeste
Assignés à
résidence comme peste.
Arrive près de
la Motte
Crache le flot
des collégiens
Petits
cartables
Sourires
affables
C’était un
autre temps
Nan pas les
Mérovingiens
Petite sotte
Vraiment
A Jules Ferry,
chassé croisé
S’éjectent
pressés
Les étudiants
en Droit
Nonchalants investissent
l’espace
Les trognes du
foyer Benoît Labre je crois
Visages pas glabres
Alcooliques palabres
Aux mots de
gros rouge et odeurs
Dissuasives
Faisant ainsi
bien peur
Se font pour
eux de la place
Laissant la
foule des braves gens
Et des
bien-pensants
Pensive
Encore plus
loin, arrêtes ton Cinoche
On cinéphile rue d’Antrain à l’Arvor
Là où de la
pellicule on dévore
Du ciné d’art
et d’essai près de la place Hoche
Ensuite
correspondance Metro Sainte Anne
Tu verras
suivant l’heure
Ou çà surine
ou çà cancane
Une pute te
dit l’heure
Des dealers se
disputent
Puis sur les
quais
Relâche le
paquet
Vers les Nouvelles
Galeries
Ou les Gaumont
pour amuser la galerie
Nouvel arrêt
pour Colombia
Ticket vers
l’espace de la FNAC
Les magasins
chics où l’on craque
T’habillent de
la tête au tibia
En bout de
course
Pour les Ailes
en état de grossesse
La clinique de
la Sagesse
Of course
En guise de
Terminus
Un petit bout de
chou de plus.
Ma ligne ton
numéro 7
Est obsolète
Pour cause de
concurrence
Le Metro en
l’occurrence
On lui a
substitué le 15
Ce qui ne rime
à rien.
25 février 2007
COMMENT SE FAIRE DES AMIS POUR LA VIE ( 2 )
C’était il y a fort longtemps, Papy était encore beau, fort et intelligent. Il promenait fièrement ses cinquante cinq kilos de muscles saillants nonobstant et encore je compte le sac ado. Il avait surtout l’humour à vif, blessé plus que blessant, toujours prêt à dégainer le mot qui touche de peur d’être atteint en premier et de ne pas survivre aux blessures ainsi infligées.
Papy a eu ainsi longtemps l’humour caustique, l’arme du Jedi dépressif, l’humour féroce, si rosse qu’il fit peur à beaucoup. Bien sur que le preux chevalier Jedi allait mal et il lui fallut du temps, beaucoup de temps pour comprendre le côté obscur de la farce.
C’était une belle journée d’été, le ciel sans nuage nous emmenait vers les cimes autour de Valloire , nous formerions sous la houlette d’un guide qui ne s’appelait pas Nathalie et à qui je n’aurais pas pensé faire un bécot puisqu’il s’agissait d’un homme et que déjà je préférais les sentiers bien balisés où j’GRais en rouge et blanc , nous formerions ,disais-je quelques lacets plus bas, ben oui parce que pour l’instant nous sommes dans la montée, au début d’une journée d’été et sans nuage , enfin pour l’instant parce que je ne veux pas déflorer la fin haletante de mon récit qui a le temps et qui le prend., mais je ne vous le cache pas, non pas le soleil enfin pas encore, le temps va sérieusement se gâter .
Ah, déjà l’heure du pique-nique, le lac pyrénéen qui se demande ce qu’il fout du côté de Valloire a toutefois mis sa nappe verte recouverte du silence de la montagne majestueuse.
Rompant le calme une jeune femme clama « Ya des enseignants dans le groupe ?? ».
Papy, modeste employé, baissa la tête, honteux, se cachant derrière le gras de jambon dégoulinant du sandwich, qu’est-ce que j’aurais pu enseigner franchement, je compris néanmoins, en tout cas caché par mon sandwich, le nez, que je serai exclu de la conversation entre les grandes personnes .
Ainsi nous formerions, c’est la suite de la phrase que je n’ai pas terminée quelques lacets plus haut, ben oui parce que maintenant on redescend, un groupe.
Soudain le ciel s’obscurcit, si, l’armée des nuages déferla, là, au dessus de nos têtes et les petits soldats pluvieux lancèrent l’attaque comme un aigle noir venant de nulle part. Papy, prompt comme l’éclair, sortit de son sac une sorte de Poncho qu’il enfila avec les gestes précis, si, du prédateur, l'heure,il était 16 heures.
Mon amie l’enseignante, par le plus grand des hasards à mes cotés dans ce moment bouleversant d’émotion, tentait d’enfiler un coupe-vents balayé par le mistral, qui lui aussi se demande ce qu’il fait dans cette histoire mais je n’ai pas voulu répéter vent alors je me suis que mistral apporterait un peu de souffle à cette histoire.
Ma future amie, se débattant avec son vêtement de pluie, daigna « c’est pratique votre Poncho, çà s’enfile vite.. ».
Je choisis dans mon sac mon plus grand sourire et mon air niais, mais là je n’avais pas le choix, et décochai avec la précision de Cupidon : « oh oui, c’est bien pratique et puis çà me sert aussi en dehors des vacances....pour attendre les petites filles à la sortie des écoles. ».
Le sourire du corps enseignant se figea et je ne revis plus jamais la jolie institutrice.
Encore aujourd’hui, j’ignore pourquoi .....
06 février 2007
L'ETRON de TROP
Papy et Mamy étaient bien à l’abri du danger dans leur petite auto. Ils attendaient sagement que le feu cesse sa colère et passe enfin au vert.
Sur le trottoir surgit un iroquois carquois au dos précédant d’une courte crête son féroce molosse. On voyait bien qu’il n’était pas d’humeur à plaisanter, que c’était un vrai routard, une Doc noire, une Doc rouge, les braves gens dans leurs autos verrouillaient les portières, mains crispées sur le volant, goutte de sueur perlant au front.
On vit surgir paisible un petit homme, pipe à la bouche, il se dirigeait d’un pas courageux vers le SDF sans domicile fixe, il allait le croiser, il allait le frôler, tous étaient stupéfaits par l’audace tandis que le feu de guerre lasse hésitait entre le vert et le rouge pour finir par mettre l’orange.
Petit homme dodelinait curieusement de la tête en un mouvement dénégateur quand soudain un air réprobateur souffla sur son visage, son attaché-case à la main gauche s’était immobilisé, il désigna d’un doigt accusateur la chose encore fumante déposée en une fraction de seconde par le molosse du colosse qui rôde.
Il fonça vers le mâtin et son narquois iroquois intimant de sa gestuelle au dit iroquois de faire disparaître l’objet du délit, cet étron de trop sur le trottoir de notre belle ville.
Ce que le grand gaillard déconfit fit suivi de son molosse penaud jusqu’à l’os.
De soulagement le feu passa enfin au vert et les braves gens soulagés, eux aussi, repartirent pied au plancher.
28 janvier 2007
NAUFRAGE
Avant-hier nous étions solitaires face à la mer, les petits goélands nous régalaient de leurs prouesses aériennes, une voile jaune illuminait l’océan de son spi de lumière.
Hier, le même océan nourricier a tué trois de ses enfants, une coque bleue retournée pour seul spectacle, un public nombreux et anéanti.
Un seul, invité de dernière heure,a survécu .
Prise de remords, la mer a restitué le dernier corps.
Comment survit-on à un tel naufrage, comment vit-on avec cette culpabilité de s’en être seul sorti ?
Et cette culpabilité, qu’en fait-on, la transmet-on à sa descendance .....
22 novembre 2006
Le Beau Vélo de Papy
Qu'est-ce que tu fais Papy ???
J'arrive, Mamy, je regonflais le peneu de mon vétété ....
PAPY ET MAMY A NICE : LES PREUVES
Pauv petit vieux avec son bas débit et ses petits neurones, l'a réussi à mettre une photo sur son Blog et l'est content .
17 août 2006
Comment se faire des amis pour la vie
Pompéi, nous visitons respectueux, émus, ce site majestueux, où la vie s’est figée dans les cendres en un instant.
Pas mal, hein, plus j’écris, mieux j’écris, les méchantes langues vont dire que j’écris vain, mais je n’en ai cure, ni même une dent contre eux .
Bon, je voulais faire court, incisif et percutant et à la place, je perds mon temps en digressions (nouveau mot que j’ai appris).
Je prendrai la peine désormais de signaler les nouveaux mots, ainsi je pourrai avec deux pierres faire deux coups : vous apprendre un nouveau mot à vous IGNARES même si c’est un coup de pierre dans l’eau et, franchement l’est con ce proverbe, je vois pas ce que c’est la deuxième pierre, bon mettons la dans mon jardin. Ceci clôt la digression.
Ainsi, je filmais les magnifiques fresques de la maison consacrée au Dieu Priape, avec les commentaires éclairants obligeamment fournis par les Beaufs qui me suivaient, commentaires que je n’hésite pas à ne pas citer.
J’admirais cet inoubliable rouge pompéien, un rouge qui me venait aux joues à la vue de ce cap, cette péninsule, bref ce sexe priapique, je me sentais tout petit en pensant à ma petite….. vie, quand soudain, semblant crever le ciel,venant de nulle part, surgit un aigle blanc, si je vous barbe à ras, n’hésitez pas à me couper . Tiens je pourrais peut-être écrire une chanson, moi.
Donc interrompant ma méditation, surgit un touriste en short et sandales, son petit bob sur sa drôle de tête et portant allègrement ses, à vue de nez, 70 hivers. Il tenait avec déférence son gobelet, dessus en lettres majuscules Coca- Péi, la boisson qui vous fige en un instant et incontestablement s’approchait de moi avec la ferme intention de me faire partager son bonheur, son coca, sa femme, son compte en banque. ????
NON…vous n’y êtes pas.
Ce con, non je plaisante, ce compatriote, je ne suis pas toujours fier de rencontrer des français à l’étranger, cela me mets parfois mal à l’aise, bref cet admirable français avait avec ses petites mains ramassé de la poussière de Pompéi et voulait partager cet instant de grâce avec moi .
Pourquoi moi, 10 ans après je me pose toujours la question, lui aussi sans nul doute.
Mais revenons quelques années en arrière :
Lui : « vous avez vu, je vais ramener des cendres. »
Moi, jetant un œil sur le contenu, puis utilisant l’œil restant pour le regarder dans le blanc des yeux,
Moi : « ce sont les vôtres ?? ».
Stupéfait, prenant d’abord la pose des habitants de Pompéi, il fit finalement demi-tour et s’enfuit en courant.
Si vous voyez un petit homme, dans les 80 ans, courir avec un gobelet de coca, dites lui bien que je plaisantais.
01 août 2006
La petite fille et le pain tranché sous cellophane
Croc-nique
Je faisais quelques courses ce lundi au petit supermarché de mon quartier. J’attendais bien sagement de poser mes petits achats sur le tapis noir, derrière moi une petite fille, sept à huit ans, dans sa petite main un pain, pour une meilleure compréhension de l’histoire le pain est tranché et sous cellophane.
Il faut expliquer aussi que si cette petite fille est ainsi obligée de faire la queue dans un le supermarché de mon petit quartier de ma petite ville qui nonobstant se la joue comme Paris, c’est que , j’espère que ma phrase n’est pas trop longue et que vous n’avez pas décroché, il faut dire que c’est ma première chronique et que je ne sais pas trop comment raconter une histoire, où mettre la ponctuation, les détails qui aident à comprendre le déroulement de l’action, ceux qui nuisent à la bonne compréhension, dois-je donner des détails vestimentaires, et la psychologie des personnages, ah pardon c’est mon tour, la caissière ravissante dans sa blouse à rayures vertes et blanches m’invite à , euh je sais pas à quoi elle m’invite, mais justement et c’est le premier rebondissement de ma première histoire, je décide de laisser mon tour et j’invite la petite au pain tranché sous cellophane à passer devant moi .
Il faut préciser que j’ai acheté 4 escalopes de volaille, des tomates, de la feta, des crèmes chocolatées, une salade joliment frisée, 3 pêches blanches et 3 pêches jaunes et des radis, alors je me suis dit que c’était dommage qu’elle attende tout ce temps pour un simple pain, quand je dis elle, je parle de la petite fille, j’ai piqué çà à Brel, dans une chanson de son dernier disque.
Il faut que j’explique, parce que vous allez me dire pourquoi acheter 4 escalopes de volaille alors que nous ne sommes que deux à la maison, Papy et Mamy Simone , c’est vrai sinon vous n’allez rien comprendre, c’est parce que nous gardons nos trois petits-enfants pendant que leur parents aménagent dans leur première maison, une maison tranchée sous cellophane.
Vous allez me dire pourquoi quatre alors que vous êtes cinq, tout simplement parce que ma grande fille a eu la présence d’esprit de fournir l’alimentation du plus jeune, mon premier petit-fils, âgé tout juste d’un an et alors, à ma grande surprise, la petite fille refuse de passer devant moi, je vous jure je vais faire des progrès , soyez indulgent c’est ma première chronique .
Peut-être lui avait-t-on bien fait la leçon, ne pas écouter les personnes bizarres, ne pas suivre un inconnu, ben justement je lui propose de passer devant, pas de me suivre , j’ai rien fait de mal , je le jure, ben pourquoi la caissière me regarde comme çà .
Enfin, après moult hésitation, çà me plait çà, moult, çà fait joli dans mon texte, ma première œuvre, j’ai l’œil humide, moult humide, par contre les trois çà à suivre cela ne fait pas terrible, ah ben tiens je n’ai qu’à remplacer un çà par un cela, comme çà cela sera plus léger.
Bon j’abrège, elle est passée et j’ai gentiment réglé mes achats sous les yeux furibards de la queue qui s’était pendant ce temps formée derrière moi, j’allais dire allongée mais je n’ai pas osé .
En arrivant à la maison, encore tout fier de ma bonne action du jour, je me suis fait tancer vertement par ma femme « t’as oublié d’acheter le pain !!!!! »
Alors je suis retourné au supermarché de mon quartier de ma petite ville pour acheter un pain tranché sous cellophane et j’ai fait la queue et personne ne m’a dit « vous n’avez qu’un pain mais passez donc devant » .
Ce n’est pas juste.
Donc pour finir la troisième phrase de ma première chronique, j’attends avec impatience les chiffres de l’audi-mate, si la petite fille est ainsi obligée de faire la queue au supermarché, c’est que pendant les vacances la boulangerie est fermée.
Etonnant non !
06 juillet 2006
Carte Postale d'ISTANBUL
Istanbul, juin 2004
Main heureuse, main légère pour une fois, le hasard a mis à notre table les deux benjamines du groupe . Deux jeunes femmes voyageant habituellement par leurs propres moyens et qui découvrent les joies du Tourisme organisé. Deux jeunes trentenaires sympathiques et qui trouvèrent rapidement leur place dans ce groupe parti pour un tour de 15 jours de la Turquie .
Pas difficile quand on est mignonnes, ouvertes, spontanées de faire sa place au milieu de ces jeunes et moins jeunes pour beaucoup des retraités, un petit mot pour chacune et chacun, vraiment je le reconnais de très bonnes compagnes de voyage, ne snobant personne.
Tout le monde est conquis, chaque mâle rivalise d’esprit, de gentillesse , tout le monde …………….non un couple résiste , un grand mâle renâcle . C’est vrai elles sont énervantes à la fin tout le temps disponibles, souriantes, agréables naturellement, sans effort et avec tout le monde. Pourtant dans ce groupe il y a de vrais franchouillards, casquette rouge, tee-shirt jaune canari en lettres d’or THAILANDE, surtout bien montrer qu’on est un grand voyageur, émoustillantes socquettes vertes dans leurs sémillantes sandales, il me plaît celui-là, je vais sûrement me le faire …
D’ailleurs, je me le suis fait , allez , je vous raconte, non rien de graveleux, c’est pas sexuel, pire !
Quand on voyage en groupe, ma femme n’est jamais très rassurée, elle sait que je peux osciller entre le mutisme le plus absolu de quelques minutes à plusieurs jours à un délire verbalo-ironique qui me vaut de me faire de nombreux petits copains.
C’était le quatrième jour, personne dans le groupe ne m’avait encore entendu. Déjeuner, une longue table de touristes, en face de moi Canari et son maillot jaune THAILANDE avec la carte du pays. Quelle aubaine, vous savez les premiers jours à 95% les touristes parlent de leurs précédents voyages..et j’ai fait le Maroc , et j’ai fait la Norvège et le Mexique , pourquoi pas j’ai fait l’Indochine et l’Algérie et Verdun tant qu’on y est .
Canari a fait la Thaïlande et raconte, Madame Canari opine, elle ne fera qu’opiner de toute la Turquie sourire benêt en bandoulière.
J’interviens, nous aussi sommes allés au Siam l’an passé (oh il sait causer) j’entends la surprise dans le bref silence qui suit, je sens aussi ma femme se contracter. Depuis trente ans que je sévis à ses côtés, elle sait reconnaître mes futures victimes, elle a tout de suite compris que Canari me plaît.
Je demande à Canari de se lever et consciencieusement pendant près de cinq minutes, avec le manche d’un couteau je vais raconter notre voyage, notre itinéraire, profitant du sein droit de Canari pour évoquer les tribus des montagnes, les Akhas et autres Karens , descendant par la Rivière Kwai, allant jusqu’à Bangkok , là juste au dessus du sexe sagement rangé de Canari , je montre en appuyant sur la bedaine ce magnifique temple khmer de Phi Maï .
Le sourire de Madame Canari s’est figé, pourtant elle sourira jusqu’à la fin du parcours à Pattaya , là en dessous du sexe de Monsieur , elle ne sait rien faire d’autre que sourire.
L’armée de serveurs, de sauveurs pour Canari, arrive, j’interromps ma brillante conférence.
Je me suis fais ma place dans le groupe.
Ainsi, quelques jours après sous le soleil éclatant d’Istanbul, elles sont là, à notre table, rien que pour nous, une table de quatre personnes. Et ce fut un festival de bons mots, de reparties brillantes, j’illuminais le repas de mon humour léger, brillant, parfois caustique mais pas trop , Loïc au meilleur de sa forme , un feu d’artifice digne de cette ville magique . Moi-même aujourd’hui encore, je frissonne, j’ai atteint ce jour là la perfection sous le regard ébloui et attendri de mon épouse ( tu parles…) .
Et l’une des deux jeunes femmes de s’exclamer « Oh, vous êtes génial ….vous devriez vous produire sur scène… vous me faîtes penser à … à…..( Moi je pense Desproges, Devos..allez dis Desproges . ) à…… ( bon çà vient parce que on a la Grande Sophie à visiter maintenant )…vous me faîtes penser…à …..BIGARD !!!!
Je me suis levé et je suis allé vomir mon cassoulet dans la Tamise .







